L'art du beatmaking français

Lorsque le rap a commencé à se démocratiser, faute de moyen ou simplement de popularité les beatmakers n’étaient qu’une minorité dans le mouvement Hip Hop. La majorité des rappeurs kickaient sur face-b, c’est-à-dire des instrumentales déjà utilisées par d’autre artistes. De nos jours, avec des logiciels accessibles tels que Ableton ou Pro Tools, de plus en plus de producteurs émergent. Néanmoins le manque de reconnaissance de la part du grand public persiste, il est pourtant clair que l’un ne pourrait pas exister sans l’autre.

 

On assiste depuis une dizaine d’années, à une constante évolution de cette science, notamment grâce à de nombreuses avancées technologiques. Cela a permis aux beatmakers de créer une diversité de sonorités presque sans limite et donc de donner aux rappeurs le moyen d’explorer de nouveaux horizons musicaux. C’est effectivement grâce à ces deux disciplines qui évoluent parallèlement au fil du temps, qu’aujourd’hui le Hip Hop peut se venter de posséder cette grande palette de style et de genre.

Comme énoncé auparavant, le beatmaking et le rap sont complémentaires, tellement complémentaires que certains beatmakers s’essayent au rap et inversement. Par exemple, Myth Syzer cumule presque 1 million de vues avec son morceau « Sans toi » featuring Hamza. On peut aussi apercevoir Dj Weedim qui intervient sur bon nombre de tracks de ses albums intitulés « La boulangerie française ». D’ailleurs, ce n’est pas des cas isolés, il y a même des artistes qui ne se définissent ni en tant que rappeur, ni en tant que beatmaker. On peut le voir notamment avoir Rilès un jeune rappeur qui est l’archétype même du self-made français : auteur, compositeur et interprète. Le légendaire Snoop Dog fait même une apparition dans un de ses derniers clips « Marijuana », il faut dire que le thème s’y prêtait, mais cela prouve que le rap/beatmaking français rayonne a l’international.

En effet, depuis quelques années la France n’a plus rien a envier aux productions américaines, c’est même plutôt l’inverse. Des grosses tête du rap U.S comme Chief Keef, Gucci Mane ou encore Kendrick Lamar font appel à plusieurs reprises à des beatmakers de l’héxagone tel que DJ Pone, Ikaz Boi, Frensh Kyd,  Kore, etc… Ci-dessous, le jeune Soufien 3000 aux côtés de A$AP Rocky.

Fort heureusement ces derniers temps, une tendance qui a vu le jour aux États-Unis  et qui arrive peu à peu en France : mettre en lumière les talentueux beatmakers. On le constate par exemple avec Eazy Dew, lorsqu’il place une prod, la majorité des artistes avec qui il collabore prennent le soin de mettre son blaze dans le titre (Josman, Isha, Nefaste, Laylow, etc…). Une pratique qui mériterais d’être s’appliquée à l’ensemble du rap français.

S’ajoute à cela de grandes firmes internationales telles que Red Bull qui organisent des événements comme le Red Bull Beatmaking Camp. Le but est de permettre à de jeunes prodiges de côtoyer les célèbres Nodey et MKL et de peut-être révéler le prochain Dr. Dre…

« J’suis loin d’être fayot dans le rap très scolaire, bienvenue dans la tête d’un humanoïde,

Les rappeurs disent à leurs beatmakers : Je ne peux pas faire de bons couplets mais donnez-moi le hit » 

Nekfeu – « Koala Mouillé »

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